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La faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Téhéran a confirmé que Sepideh Birashk, chargée de cours au département de philosophie, n’est plus autorisée à enseigner ni à entrer dans l’université depuis le 15 octobre. La faculté justifie cette décision par la découverte de « certains antécédents et prises de position » de l’enseignante. Cette explication renvoie à ses activités médiatiques, sans formuler de grief précis concernant la qualité de son enseignement ou ses compétences universitaires.

1001Nomads | 20 octobre 2026

La collaboration de Sepideh Birashk avec l’université de Téhéran n’aura duré que deux séances de cours. Elle était revenue enseigner dans la faculté où elle avait elle-même étudié. Désormais, ses cours sont interrompus et l’accès à l’université lui est interdit.

Dans une explication publiée le dimanche 18 octobre par l’agence Tasnim, la faculté des lettres indique que cette décision est entrée en vigueur le jeudi 15 octobre. Selon ce même texte, Birashk s’était vu confier un cours rémunéré à la vacation après avoir achevé ses études à l’étranger et être rentrée en Iran. Elle intervenait comme enseignante invitée : il s’agit donc précisément d’une cessation de collaboration et d’une interdiction d’enseigner, et non d’un licenciement d’un poste permanent au sein du corps enseignant.

Pour expliquer pourquoi elle ignorait ses activités médiatiques, la faculté invoque la différence entre le nom figurant dans ses dossiers universitaires, « Zahra Birashk », et celui sous lequel elle est connue dans les médias, « Sepideh Birashk ». Cette explication ne précise toutefois ni quelle prise de position a motivé l’interdiction d’enseigner et d’entrer dans l’établissement, ni sur quelle règle cette décision repose.

Des activités médiatiques aux demandes de sanctions contre le département de philosophie

Les articles consacrés à cette affaire mentionnent la participation de Birashk à l’émission « Pargar » de BBC Persian et ses activités sur les réseaux sociaux parmi les motifs d’opposition à la poursuite de son enseignement. IranWire cite également ces éléments, ainsi que les critiques visant son refus de se conformer au port obligatoire du voile, pour décrire le contexte de la rupture.

La pression publique n’a pas cessé avec l’annonce de la décision universitaire. Le lundi 19 octobre, Tasnim a publié un communiqué conjoint du Bassidj étudiant de la faculté des lettres, du Collectif des étudiants en quête de justice de l’université de Téhéran et de l’Association islamique indépendante de cette université. Au-delà de leur opposition à la présence de Birashk, les signataires réclamaient des mesures contre les responsables de la faculté et du département de philosophie. Ils menaçaient d’élargir leurs révélations si l’université faisait preuve de ce qu’ils qualifiaient de complaisance.

Ce communiqué précise que le cours confié à Birashk portait sur la « philosophie de l’art ». Ses critiques visent pourtant essentiellement ses interventions médiatiques, sa tenue vestimentaire et sa vie personnelle, sans présenter d’évaluation documentée du contenu de son cours ou de son travail pédagogique. Les allégations concernant son orientation sexuelle s’inscrivent dans cette même argumentation ; elles n’ont pas été vérifiées de manière indépendante dans le cadre de cet article.

La date de publication de ce communiqué importe : il est paru après l’interruption des cours et après l’annonce publique de la décision universitaire. Il témoigne donc de la poursuite des pressions sur les dirigeants de l’établissement, mais ne permet pas de conclure que ce texte a déclenché la rupture de la collaboration.

Quelle place pour les critères universitaires dans cette décision ?

Au cœur de cette affaire se trouve la relation entre les activités publiques d’une enseignante et son droit à poursuivre son travail à l’université. L’explication publiée par la faculté évoque les antécédents et les prises de position de Birashk, mais ne fait état ni d’une évaluation pédagogique, ni de l’examen d’un manquement précis, ni d’une possibilité qui lui aurait été accordée de répondre. L’absence de ces informations ne prouve pas, à elle seule, qu’aucune procédure n’a eu lieu ; elle montre que l’université n’a pas encore expliqué publiquement comment elle est parvenue à sa décision.

Dans de telles circonstances, l’autonomie universitaire prend un sens concret : qui évalue les compétences d’une enseignante, selon quels critères et avec quelles possibilités de défense ou de recours ? La participation à une émission de télévision, ou le désaccord avec la tenue et les opinions d’une personne, ne renseigne pas en soi sur sa capacité à enseigner la philosophie de l’art.

L’université de Téhéran a annoncé la fin de sa collaboration avec Birashk. Restent à expliquer le fondement de cette décision et le motif de l’interdiction d’accès : une mesure dont les conséquences dépassent l’attribution d’un cours et déterminent la place qu’une chercheuse peut occuper dans l’espace universitaire.