Expulsion et interdiction d’études pendant 4 ans pour un étudiant de l’Université Sharif à cause d’une simple souris en peluche !
Symbole de la peur de toute voix de liberté dans les universités iraniennes
Téhéran — Dans une décision qui suscite stupéfaction et indignation, le conseil disciplinaire de l’Université de technologie Sharif a prononcé l’expulsion et une interdiction totale d’études pendant quatre ans à l’encontre de Reza Dalman, étudiant en master d’ingénierie informatique. Son « crime » ? Avoir suspendu une simple souris en peluche à un arbre.
Cet étudiant de 24 ans avait pourtant été acquitté auparavant par un tribunal de la République islamique. Cependant, les instances disciplinaires universitaires ont imposé une sanction bien plus lourde. La peine initiale était de cinq ans d’exclusion, réduite à quatre ans en appel. Le dossier a désormais été transmis au ministère des Sciences et, s’il est confirmé, Reza Dalman ne pourra poursuivre ses études dans aucune université iranienne pendant les quatre prochaines années.
Cette affaire constitue un exemple particulièrement marquant du climat répressif qui règne dans les universités iraniennes. Plus de quatre décennies après la « Révolution culturelle », l’enseignement supérieur est régulièrement accusé par ses détracteurs d’être devenu un instrument de contrôle politique. De nombreux étudiants ont été suspendus, exclus ou sanctionnés ces dernières années en raison de symboles de protestation, de leur participation à des rassemblements ou de leurs activités en ligne.
Pour les critiques de ces politiques, les universités ne remplissent plus pleinement leur rôle d’espaces de libre pensée et de débat, mais fonctionnent sous une forte pression idéologique, où toute expression dissidente risque d’être réprimée.
Dans un pays où même une souris en peluche peut être perçue comme un acte problématique par les autorités, cette décision relance le débat sur la liberté d’expression, les droits des étudiants et l’avenir des libertés académiques en Iran. Pour ses opposants, cette sanction ne touche pas seulement un étudiant ; elle reflète également les profondes tensions qui traversent le système universitaire iranien.